
Qui suis-je ?
Xavière Pichonnaz
Je suis née et j'ai grandi en Provence. Très tôt, j'ai été attirée par l'enseignement, la psychologie de l'enfant et le développement du potentiel humain. Plusieurs années dans l'hôtellerie de luxe m'ont permis de côtoyer des personnes du monde entier, ce qui m'a aidée à mieux comprendre les humains dans leur culture, leur langue, leurs coutumes.
La vie m'a conduite à devenir professeur d'italien. C'est avec ces étudiants que j'ai compris l'importance de la communication, du respect de chacun et du groupe, de la croyance en chaque individu afin qu'il puisse révéler son plein potentiel.
C'est à la naissance de mon enfant en 2010 que j'ai laissé le chemin de l'hôtellerie pour me consacrer à l'enseignement, à la pédagogie et à l'accompagnement des familles. Je me suis formée entre autres à la communication non violente, à la pédagogie du Docteur Montessori, au Programme d'Éducation pour la Paix...
La satisfaction, la joie et l'énergie que je ressens lorsque j'accompagne chaque enfant et sa famille m'ont poussée à créer différents projets : les vacances apprenantes, les ateliers de parentalité, le programme d'habiletés sociales, les groupes de travail pour les familles en IEF...
Mes expériences auprès des enfants, de la micro-crèche au BTS, m'ont permis d'affiner mon accompagnement et ainsi répondre aux spécificités et aux intérêts de chacun tout en posant les bases d'une sécurité physique et émotionnelle.
Pourquoi ces accompagnements ?
Il me semble urgent, crucial, prioritaire de repenser l'éducation, scolaire et familiale !
Une nouvelle éducation ? Pourquoi cela ? Dans quel but ? Pourquoi changer puisqu'on a toujours fait ainsi ? Car nous le savons tous, nous avons déjà entendu ces petites phrases : « c'était mieux avant ! », « on n'a pas le choix ! », « ça a toujours été comme ça ! ». Alors pourquoi ?
Déjà enfant, je trouvais violente la façon dont étaient traités certains enfants à l'école. Je me souviens que c'était difficile pour ceux qui se faisaient humilier, punir, maltraiter, mais également pour les « bons élèves » qui étaient pris à partie, comparés, spectateurs d'une violence banalisée. Je ressentais de la tristesse mais surtout de l'impuissance et de la peur face à l'adulte. J'avais un sentiment de honte, de culpabilité, mêlé à cette envie de vouloir satisfaire et plaire à l'adulte.
Le temps a passé, j'ai essayé tant bien que mal de me construire avec les valeurs enseignées, prônées par la majorité des adultes mais très souvent non respectées ou partiellement respectées (la non-violence, le respect, la tolérance, le non-jugement, la bienveillance...), ponctuées de morale et de discours trop souvent dichotomiques.
2010 a été l'année qui a changé profondément mon être intérieur puisque je suis devenue maman. C'est à ce moment-là que j'ai conscientisé ce que je voulais offrir à mon enfant : une éducation basée sur la confiance, le rire, la collaboration et surtout la non-violence. Avais-je suffisamment bien réussi ma vie (émotionnelle, psychologique, professionnelle) pour me permettre de dire à mon enfant quoi faire ou ne pas faire, quoi dire ou ne pas dire, quoi penser ou ne pas penser ?
Il était clair pour moi que je ne voulais pas utiliser la punition, les violences verbales et physiques, les menaces, le chantage affectif. La vie nous aide à être sur le chemin que nous souhaitons : j'ai rencontré des personnes formidables qui m'ont fait découvrir des philosophes, des pédagogues, des psychologues, des professionnels, des pédiatres... qui travaillent depuis des décennies, des centaines d'années, voire des milliers d'années sur la bienveillance, la liberté, la responsabilité (Socrate, Platon, Albert Szent-Györgyi, Maria Montessori, Emmi Pikler, Boris Cyrulnik, Isabelle Filliozat...). J'ai constaté que plus j'accompagnais mon enfant dans cette philosophie de vie, plus les échanges étaient faciles, joyeux, profonds, collaboratifs.
Aujourd'hui mon enfant a 15 ans et je vois ce que nous avons semé : une relation de confiance où nous prenons plaisir à partager des moments ensemble, où il me fait grandir chaque jour. Nous avons des désaccords mais je continue à travailler afin que nos échanges ne dérapent pas sur de l'obéissance mais toujours sur de la construction.
Je note au fil des années que ce que nous avons vécu enfant est inscrit dans nos cellules et que si nous ne nous mettons pas en action pour modifier nos schémas de fonctionnement, nous élevons nos enfants avec nos propres blessures. La prise de conscience et la volonté de changer sont le premier pas, la connaissance est le deuxième pas vers le changement, le troisième étant l'action avec la mise en pratique quotidienne de nouveaux fonctionnements.
La façon dont les adultes traitent les enfants sur la Terre est souvent cruelle, injuste, méchante, violente, destructrice, disproportionnée. Une des plus grandes difficultés, c'est que les personnes proches de l'enfant, censées montrer ce qu'est l'amour, la sécurité physique et émotionnelle, la constance, sont elles-mêmes en souffrance et en instabilité émotionnelle. En effet, lors des moments de bien-être, l'enfant est comblé d'un amour d'une profondeur extrême, mais lors des moments de colère, de fatigue, de tempête émotionnelle, c'est l'autre face que l'enfant subit. Il apprend ainsi que l'amour peut être violent, dépendant de la volonté du plus fort, qu'il se donne ou s'enlève selon des facteurs extérieurs. Dans ces conditions, l'enfant ne peut pas grandir avec ce qu'il est, mais toujours en dépendance des adultes qui l'entourent.
Ce fonctionnement se retrouve dans les familles mais également dans tous les lieux où se retrouvent des enfants et des adultes censés prendre soin d'eux : crèches, nourrices, écoles, centres de sports, centres de loisirs, colonies de vacances...
Nous assistons à une volonté grandissante de faire taire les injustices économiques, raciales, discriminatoires, sociales... Cependant, toutes ces injustices ont pour moi la même source : l'enfant et le positionnement de l'adulte vis-à-vis de l'enfant. Quand les adultes respecteront le bébé, l'enfant, l'adolescent dans un rapport d'équité, alors ces jeunes pourront devenir des adultes sereins, sans volonté d'exercer de l'autorité et de la violence sur les autres. Adultes, ils utiliseront la communication qu'ils auront incarnée, à savoir la communication non violente. Un enfant qui n'a jamais été puni ne connaît pas le concept de la punition. Un enfant qui a appris à reconnaître, à nommer ses émotions sera un adulte capable de répondre à ses besoins sans accabler les autres.
M'occuper des enfants est une chance, un honneur, un bonheur, car c'est grâce à leur contact que je m'améliore quotidiennement en tant qu'humaine, que mon cœur grandit et s'assagit. Je ne peux pas maîtriser et empêcher le fait de vieillir, mais je peux décider de grandir ! Il en va de ma responsabilité.
C'est pour cela qu'il me semble primordial, crucial, de s'occuper profondément de la façon dont nous voyons l'enfant et surtout de la façon dont nous voyons notre rôle d'adulte, qu'il soit professionnel ou familial. Qui sommes-nous, adultes en quête du bonheur, en quête de réussites, dans des situations émotionnelles, physiques, psychologiques souvent fragiles, pour pouvoir imaginer que nous savons suffisamment pour conseiller, obliger, contraindre, interdire, menacer, frapper, violenter des enfants qui sont guidés seulement par l'Amour et la Joie ?
Il n'y a qu'à regarder les études scientifiques ou observer les enfants, qui rient à gorge déployée pour honorer la vie, qui enlacent et câlinent tous les êtres vivants, qui spontanément se réjouissent d'une journée pluvieuse, venteuse, ensoleillée, pour comprendre que ce sont eux qui doivent nous guider, car ils fonctionnent avec le cœur et tout ce que la nature leur offre est un cadeau.
Ce qui relie les humains, quelle que soit notre culture, notre niveau social, nos croyances, ce sont nos émotions. Elles sont précieuses car elles indiquent notre état intérieur (peur, tristesse, angoisse...). Elles deviennent nocives lorsqu'elles nous submergent et empêchent notre néocortex (notre cerveau pensant) de prendre les bonnes décisions. Surviennent alors les réactions que l'on regrette souvent après : violences verbales et physiques, phrases cassantes, menaces, chantage... Pouvons-nous culpabiliser de cela ? À quel moment avons-nous appris à reconnaître nos émotions, à les nommer, à comprendre pourquoi nous les ressentions et quels outils nous pouvions mettre en place ?
Cela fait des siècles que nous utilisons en France cette éducation basée sur l'autoritarisme, la punition, la menace, et observons comment va la société. Qu'est-ce que l'on a à perdre à essayer autre chose ? A-t-on vraiment quelque chose à perdre, ou tout à gagner ?
Voilà pourquoi je propose ces accompagnements, individuels ou de groupe : les outils sont là, accessibles à toutes les personnes qui souhaitent vivre des moments plus harmonieux, plus sereins, plus profonds et authentiques avec les bébés, les enfants, les adolescents, que ce soit dans les familles ou dans les institutions.
« Le conflit ne commence pas à l'extérieur. Le conflit commence à l'intérieur de vous. »
Liens et lectures
Quelques auteurs qui nourrissent mon approche et que je recommande aux parents comme aux professionnels.
- Maria Montessori
- Céline Alvarez
- Isabelle Filliozat
- Marshall B. Rosenberg
- Daniel Goleman
- Adele Faber et Elaine Mazlish
- Thomas Gordon